... 5 ans après !

... 5 ans après !

Le vent ce leva rugissant de toute part. Un cri puissant, qui venait du ciel. Du ciel et par le vent vinrent des nuages, sombre, très sombre. Aussi bas que les montagnes. Des éclaires jaillir du ciel, dans un fracas surpuissant le ciel vibra, faisant s'ouvrir une faille. La montagne rugis de plus belle.

Un navire descendit du ciel !

Le pas boitillant, l'oreille percée, poignard entre les dents, un petit homme débarqua au pied de cette imposante montagne.

En ce jour sacré, il allait ce produire un événement unique.
C'était bel et bien un pirate. Un vrai pirate. Il venait de le prouver en volant le plus gros butin jamais volé : l'univers. Il avait volé le Graal de l'univers. Le temps.

Mais il fallait faire vite, il n'avait pu voler qu'une seule petite heure.
Une fois à terre, d'un poing ferme, il planta son poignard au pied de la montagne. Celle-ci frémit de plaisir. Il était là, son maître était revenu.
D'un bras fin mais puissant, il arracha le poignard qui avait craquelé le sol et le brandit au ciel ! A son bout, tel un drapeau pirate, un bandana claquait aux rafales de vent.

D'un air severt, il déposa sur son crâne lisse le bandana, inspira une immense bouffée de cette aire chargé d'humidité, enfourcha son vélo et enclencha le chrono !

Quatre minutes déjà qu'il avait posé pied sur la terre ferme. Il lui restait donc 56 minutes pour atteindre, tout la haut, ce sommet qui tentait tant bien que mal de ne pas ce faire déraciner par le vent.

Il monte, braquet tout à droite, depuis trois kilomètres déjà, comme si l'arrivée était après le prochain virage. Pourtant, il n'a pas vraiment commencé la montée. Les gros pourcentages, c'est pour plus tard. Après le grand virage Saint, si cher à Estève. Il ne regarde rien, il appuie sur les manivelles, souffle, respire, encore et encore.

Cette fois ça monte vraiment. Il conserve son rythme, beaucoup plus rapide qu'avant... Le souffle court, il respire de plus en plus fort, il tient toujours la même cadence. Maintenant c'est le plus dur, la pente la plus ardue, toute droite. Pas de voiture pour l'enfumer, l'air est glacial, mais pure.
Il continue. Même plus froid. Trempé jusqu'aux os, mais ça ne fait rien. Tenir. Il aime ça. Il aime ça. Raide. Horrible, il souffre, les mollets gonflent, le souffle devient de plus en plus court. Pédale, pédale, allez fort, fort, il y pense. Vai Pirata, c'est parti, tu vas y arriver au sommet. La montagne, dans un silence complet, admirait son ange.

Il fonce, il fonce, la route devient blanche, la terre aussi. Le vent se lève. Ça fait déjà 30 minutes d'effort. Le guidon vibre. Tout tremble. Même les mollets. Surtout les mollets. C'est dur. Mais il aime ça.
Cette fois le vent souffle fort, il hurle, il l'encourage. Vai Marco, Vai. Tiens fort, plus fort. Personne ne sait le faire autant bien que lui. Etre plus d'une heure juste sous le seuil du maximum. Mais ça fait mal. Ne pas aller en dessous. Le souffle. Contrôler le souffle. Tenir, tenir, il faut tenir. Vite, plus vite, toujours plus vite. Il reste 4 km. Il accélère. Rapide, toujours plus rapide. Il sait plus ou il est, perdu dans le brouillard. Il n'y voit rien. Il fonce, il fonce. Tenir, il faut tenir. La pluie, le tonnerre, la pluie, le froid, tenir, la route, l'asphalte, la rocaille, la route, tenir, vai vai, il file, il monte a toute allure. C'est encore mieux, ça fait si longtemps !
Plus il monte, plus le vent souffle, plus ça fait mal. Mais il aime ça. Le vent qui siffle aux oreilles. Il arrache le bandana qui s'envole au vent, perdu dans le brouillard. Il accélère, en remet une couche. Il est dans le rouge. Tenir, il faut tenir. Le phare dans le noir est juste là. En transe, il le guide. Mal, mal, ça fait mal. Ses mollets le brûlent, ses poumons sont comme perforés, mais il aime. 53 minutes. La montagne hurle, la tête dans le guidon, il lève ses fesses, appuie sur les pédales, ça fait mal, très mal, mais trop de bien. Tenir, il y est presque. Le virage, juste après, il y aura...

Il n'y a plus rien. Le vent a cessé. La montagne c'est tue. Il n'y a que son c½ur qui bat, fort, très fort. Il a dépassé le temps, après l'avoir volé. 54 minutes, 21 secondes. Record absolu.

Il est fier. 5 ans d'entrainement intensif, là haut. Juste pour lui prouver à elle, que vraiment il l'aime. Elle qui lui a toujours été fidèle. Sa bicyclette. Il l'aime plus que tout. Trop même. Il y avait bien cette fille, qui lui a fait quitter le monde, car il n'était plus Valentin à ses yeux, mais quand même, sa bicyclette, il l'aimait vraiment.
Il lui reste à peine 1 minute sur la terre. Il ne fait rien. Il pense juste, le regard perdu au loin dans la brume. Est-ce-qu'on ce souvient encore de moi, m'aime-t-on encore ?


Vai Marco, envol-toi en paix, on t'a pardonné.
On t'aime et c'est tout !

# Gepost op vrijdag 13 februari 2009, 15u03