La mort de Pantani secoue l'Italie

La mort de Pantani secoue l'Italie
Les journaux italiens ont consacré dimanche leurs premières pages à la mort de Marco Pantani tandis que des supporters du cycliste ont défilé dans les rues de sa ville natale pour rendre hommage à l'un des sportifs italiens les plus populaires et controversés.

La Fédération italienne de cyclisme a annoncé qu'un moment de silence serait respecté dimanche avant chaque course disputée en Italie, au lendemain de la mort de l'un des plus grands grimpeurs de l'histoire de ce sport.

"Un champion qui nous a fait ressentir des émotions importantes pour le cyclisme italien et mondial nous a quittés", a déclaré le président de la Fédération Giancarlo Ceruti. "Dans ce moment de tristesse, il est difficile d'expliquer ce qui s'est passé et ce qui est parti."

"C'est une nouvelle terrible", a déclaré le quintuple vainqueur du Tour de France Lance Armstrong. "Mes pensées et condoléances vont à sa famille, à ses amis et à ses fans. Sans parler de nos bagarres sur et à côté du vélo, j'avais un grand respect pour Marco. Le cyclisme a perdu un grand champion et une grande personnalité."

La "Gazzetta dello Sport" a titré en une "Il est parti". Le quotidien sportif le plus respecté d'Italie est le principal sponsor du Tour d'Italie, une course que Pantani avait remporté au cours de sa saison magique, en 1998, l'année de son triomphe dans le Tour de France.

L'ancien éditorialiste de la Gazzetta Candido Cannavo a titré son billet "Héros perdu: nous t'adorions".

Frappé par les accusations de dopage ces dernières saisons, Pantani, âgé de 34 ans, a été découvert mort samedi soir dans une chambre d'une résidence hôtelière de Rimini, où il s'était installé depuis quelques jours.

Surnommé "Le pirate" à cause du bandana qui recouvrait son crâne chauve et de la boucle d'oreille qu'il portait, Pantani rivalisait de popularité en Italie avec les plus grandes vedettes du football.

Un autre journal sportif, le quotidien romain "Corriere dello Sport", a qualifié la mort du cycliste de "tragédie secouant le cyclisme et tout le monde du sport".

Le journal à gros tirage "Corriere della Sera" a publié en première page un édito intitulé "Le héros qui voulait se battre lui-même".

"La Repubblica", un autre quotidien de référence, a souligné le paradoxe Pantani, "le champion qui disait 'Je gagne tout et je me sens seul'".

Dimanche, les télévisions italiennes ont consacré la première moitié de leurs éditions de la mi-journée à la mort du cycliste.

Dans la ville natale du champion, Cesenatico, ses supporters se sont réunis dans le Bar del Corso et le Bar dei Pini, où ils avaient l'habitude de discuter des nombreux exploits du grimpeur de poche.

L'été dernier, Pantani avait passé plusieurs semaines dans une clinique spécialisée dans le traitement des dépressions et des dépendances. Les enquêteurs italiens ont annoncé qu'ils allaient analyser les médicaments découverts dans sa chambre d'hôtel afin de déterminer s'ils ont joué un rôle dans sa mort.

# Posté le mercredi 02 mars 2005 08:57

Il était populaire

Il était populaire
Avec la disparition de Marco Pantani, l'Italie a perdu son coureur cycliste le plus populaire. Le vainqueur du Tour d'Italie et du Tour de France 1998 avait 34 ans. Frappé par des accusations de dopage ces dernières années, il a été retrouvé mort samedi soir dans une chambre d'une résidence hôtelière de la cité balnéaire de Rimini, où il s'était installé depuis quelques jours.

Surnommé «le pirate» à cause du bandana qui recouvrait son crâne chauve et de la boucle d'oreille qu'il portait, Pantani rivalisait de popularité en Italie avec les plus grandes vedettes du football, et sa mort a choqué le monde du sport.

A son apogée, Pantani rendait fous ses compatriotes, qui interrompaient leur journée de travail pour trouver une télévision et admirer le champion de poche grimper plus vite que n'importe lequel de ses adversaires. Et des milliers de tifosi s'installaient le long des routes de montagne où Pantani s'illustrait, dans son pays natal ou dans les Alpes françaises. En 1997, il avait dominé les 21 lacets de la montée vers l'Alpe d'Huez en 37 minutes, 35 secondes, l'un de records les plus respectés du sport. En 1998, Pantani avait remporté le Tour de France et le Giro. Aucun coureur depuis n'a réussi à s'imposer dans les deux grandes courses à étapes la même année. Peu après ses victoires, tous les membres de l'équipe Mercatone Uno - coureurs, entraîneurs et même la masseuse - s'étaient rasés le crâne pour imiter Pantani.

A ce moment-là, Pantani ne se doutait probablement pas qu'il avait atteint son apogée, et que l'année suivante marquerait le début de sa chute. En 1999, des résultats anormaux lors d'un contrôle sanguin inopiné avaient en effet conduit à son exclusion du Giro, à la veille de l'avant-dernière étape d'une course qu'il dominait. Et deux ans plus tard, une seringue contenant des traces d'insuline était découverte dans sa chambre d'hôtel après une descente des carabiniers sur le Giro. Pantani avait alors soutenu que la seringue avait été placée dans sa chambre et qu'il n'y avait pas dormi cette nuit-là. Le coureur avait disputé sa dernière course, le Tour d'Italie, en juin dernier et avait fini 14e. Il avait ensuite été hospitalisé brièvement dans une clinique italienne spécialisée dans le traitement des dépressions et des dépendances. Il n'avait pas annoncé de projets pour cette saison et les rumeurs annonçant sa retraite s'étaient multipliées ces dernières semaines.

Stefano Garzelli, un de ses anciens coéquipiers vainqueur du Giro 2000 grâce à son aide, a été abasourdi par l'annonce de la mort de son camarade. «C'est toujours difficile à croire», a-t-il dit à l'agence ANSA. «Je pense qu'il devait vivre avec de nombreuses pressions qui ne venaient pas toutes du monde du cyclisme. Ces pressions auraient été difficiles à supporter pour n'importe qui». «Ces derniers temps, je savais qu'il était assez isolé. Plus personne n'avait vraiment de nouvelles de lui», a-t-il ajouté, avant de comparer Pantani à une autre légende du vélo, Fausto Coppi, mort à l'âge de 40 ans en 1960, probablement après avoir contracté le paludisme en Afrique. «Il a eu une vie à la Coppi, avec de grands succès et une fin tragique. Marco était le plus populaire, même si ça faisait déjà un bon moment qu'il n'avait plus gagné. Depuis 40 ans, on se souvient de Coppi et dans 40 ans, on parlera encore de Marco». Coppi, en 1949 et 1952, était le dernier Italien avant Pantani à avoir remporté le Giro et le Tour de France la même saison. «Ce n'est pas vrai que personne n'a essayé de l'aider. En fait, de nombreux parmi nous ont voulu le faire», a assuré Candido Cannavo, un ancien journaliste de la «Gazzetta dello Sport» et proche de Pantani. «Peut-être sans succès, car il avait aussi la faculté de ne pas se laisser aider. Désormais, il faut résoudre ce mystère et essayer de comprendre. Nous vivons dans une société où seuls les vainqueurs ont de l'importance».

Après ses débuts professionnels en 1992, Marco Pantani a remporté huit étapes du Tour de France et huit étapes du Giro. Il a porté le maillot jaune de leader du Tour de France lors de six étapes et a revêtu le maillot rose du Giro à 14 reprises. Réputé pour ses talents de grimpeur, Pantani savait aussi profiter des descentes pour accroître son avance. En 1998 sur le Tour de France, il avait ainsi dominé l'Allemand Jan Ullrich lors d'une descente épique effectuée sous la pluie. Cette année-là, il avait même réussi à rivaliser avec ses adversaires dans les contre-la-montre disputés sur du plat. En 1999, le Giro lui avait rendu hommage en passant par son village natal, Cesenatico. Tout au long de sa carrière, Pantani a enregistré 36 victoires, la première en 1994 sur le Giro et la dernière en 2000 sur le Tour de France, après un beau duel avec l'Américain Lance Armstrong. Né le 13 janvier 1970, Pantani laisse derrière lui ses parents et sa soeur.

par Andrew Dampf, AP

Réactions

Eddy Merckx: " La justice ne l'a pas lâché"
L'ancien champion cycliste belge Eddy Merckx a estimé dimanche sur la télévision belge RTBF que la «justice italienne n'avait pas lâché» Marco Pantani.

«Après son succès au Tour d'Italie et au Tour de France la même année (1998), il a certainement commis des erreurs, mais il était la proie de la justice italienne qui ne l'a pas lâché et je pense que ça l'a détruit complètement», a déclaré Merckx.

Le Belge, quintuple vainqueur du Tour de France, a aussi mis en évidence la solitude du coureur cycliste après son retrait de la compétition. «Une fois la carrière terminée, il est certain qu'on est abandonné. C'est du chacun pour soi et Dieu pour tous», a-t-il dit.

Pantani, 34 ans, a été trouvé mort samedi soir dans un hôtel-résidence de Rimini (Italie). Des anxiolytiques ont été retrouvés dans sa chambre et l'hypothèse d'un suicide ou d'une surdose du champion, en dépression depuis plusieurs mois, a été évoquée dans l'attente de l'autopsie. Poursuivi par des suspicions de dopage après son abandon forcé dans le Tour d'Italie 1999, il avait progressivement été en proie à la déprime au point d'être hospitalisé en juin 2003 dans une clinique spécialisée.

Jan Ullrich, sous le choc
Le champion cycliste allemand Jan Ullrich s'est dit «profondément choqué» de la mort de son ancien rival, l'Italien Marco Pantani, qu'il a appris en Italie, en Toscane où il s'entraîne actuellement. «Je l'ai appris tôt ce matin (dimanche) aux informations. On est toujours profondément choqué quand on apprend la mort d'un camarade sportif», a-t-il déclaré par téléphone à l'agence sportive SID.

Le vainqueur allemand du Tour de France 1997 n'a pas voulu commenter les circonstances de la mort du «Pirate» arguant que les seules informations dont il disposait provenaient des médias. «Je n'avais plus de contacts avec Pantani depuis trois ans.

J'espère que les circonstances qui ont conduit à sa mort seront clarifiées rapidement et consciencieusement», a-t-il néanmoins ajouté.

Richard Virenque: "Les médias l'ont malmené"
Le cyclicte français Richard Virenque (Quick Step) s'est déclaré «révolté» par la mort de Marco Pantani, invoquant la responsabilité des médias qui ont, selon lui, «attaqué un homme dépressif, ce qui peut mener à tout». Le coureur cycliste toujours en activité a implicitement émis l'hypothèse d'un suicide par surdose médicamenteuse en déclarant: «Je suis révolté. Je savais Marco dépressif.

Virenque a rapproché le cas de Pantani de l'épisode douloureux qu'il a subi après l'affaire Festina. Il avait avoué s'être dopé lors du procès de Lille. «C'est dramatique. Il s'est fait taper dessus en Italie comme moi en France», s'est indigné Virenque.

«Si vous avez une famille autour de vous pour vous aider, vous surmontez la situation, sinon, vous pouvez faire des choses incompréhensibles, définitives. Marco est parti en dépression. Et il est mort. Il n'y a rien à rajouter», a conclu Virenque.

Jean-Marie Leblanc: "Quel gâchis!"
«Je suis surpris parce qu'un champion est terrassé à 34 ans. Et pas n'importe quel champion: Marco a laissé une trace extrêmement forte parce qu'il était un grimpeur, un grimpeur à panache. Tout le monde se souvient de ses attaques dans le Galibier ou à Luz Ardiden.

«Pas surpris parce que nous savions tous qu'il n'avait pas bien négocié le passage entre le temps du succès, de la gloire et de l'argent et le retour à la vie civile. Sans doute était-il trop seul, pas bien ou pas du tout entouré, trop faible face aux tentations. C'est un gâchis».

Jean-Marie Leblanc a rendu un hommage au vainqueur du Tour 1998, marqué par le scandale Festina. «Il avait d'une certaine manière sauvé le Tour 98 en lui donnant une touche de panache et de sport qui, sans lui, aurait fait défaut».
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# Posté le mercredi 02 mars 2005 08:59

Pantani a laissé des notes dans lesquelles

Pantani a laissé des notes dans lesquelles
«Ciao, Pirata. Ciao Campionissimo.» Pour son dernier voyage, Cesenatico a voulu rendre un hommage solennel à l'enfant du pays. Dès le milieu de la matinée, une foule immense se pressait devant la petite église de Saint-Jacques-l'Apôtre, où se sont déroulées hier les funérailles du champion cycliste Marco Pantani, décédé dans une chambre d'hôtel dans des circonstances non encore élucidées (1). La famille a eu du mal à se frayer un chemin jusqu'au portail d'entrée, deux cousins ont failli rester dehors.

Dans la nef, le cercueil était entièrement recouvert de gerbes de fleurs blanches et jaunes. L'une d'elles était envoyée par Emanuele Filiberto, prince héritier de la maison de Savoie. Sur la bière, les quatre maillots fétiches du coureur : celui, jaune, du Tour de France 1998 et, à côté, celui de l'équipe nationale d'Italie de cyclisme, tout bleu. En face, le maillot rose du Giro 1998 et un autre, blanc à rayures bleues, de la G. S. Fausto Coppi de Cesenatico, l'écurie dans laquelle Marco Pantani fit ses débuts. Derrière l'autel où il fut baptisé il y a trente-quatre ans, une immense composition florale de roses jaunes et d'oeillets bleus reproduisait les traits du champion.

Aux premiers rangs, derrière la famille, se serraient les fidèles, l'équipe Mercatone Uno au grand complet, Francesco Moser, Gianni Bugno, Davide Cassani, Charlie Gaul, le skieur Alberto Tomba, l'ancien entraîneur de l'équipe nationale de football Azeglio Vicini. Et encore Stefano Garzelli, vainqueur de l'avant-dernier Giro, et Fabrizio Borra, le masseur qui avait permis à Pantani de retourner au cyclisme après son terrible accident contre une voiture.

A la demande de la famille, le service d'ordre avait interdit l'entrée de l'église aux journalistes. La veille, Mamma Tonina, sa mère, un petit bout de femme au caractère vif-argent, s'était répandue en imprécations contre les photographes et les cameramans qui filmaient la chapelle ardente : «Partez ! Vous me l'avez tué avec vos bavardages. Vous n'avez aucun respect. Cela fait quatre ans que vous le torturiez. Vous l'avez vu dans son cercueil : vous êtes content maintenant !»

Dans une lettre de neuf pages écrite peu avant sa mort, lue pendant le service religieux, dans un silence entrecoupé de sanglots, par son ancien manager Manuela Ronchi, Marco Pantani raconte ses «quatre ans de calvaire devant les tribunaux». «J'ai perdu la volonté d'être comme tant d'autres sportifs. Le cyclisme a payé, mais de nombreux jeunes ont perdu espoir en la justice.» Dans son homélie, l'évêque du diocèse, Mgr Antonio Lanfranchi, a appelé le monde du sport à tirer les leçons du drame : «Marco nous invite tous à un sérieux examen de conscience sur ce qu'est le sport et sur ce qui tourne autour du sport.» Le prélat a également rendu un vibrant hommage aux qualités humaines du coureur : «L'homme est toujours plus grand que ses victoires et ses défaites.»

A la sortie, une foule massée sur plus d'un kilomètre jusqu'au cimetière communal a longuement applaudi le cercueil. Damiano Zoffoli, maire de Cesenatico, refuse de croire à la fin du mythe : «Pour nous, Marco court encore.»

(1) Le parquet de Rimini a ouvert «une information contre X pour trafic de stupéfiant», des traces de cocaïne ayant été relevées dans la chambre du coureur.

# Posté le mercredi 02 mars 2005 09:00

Des regrets pour un ultime hommage

Des regrets pour un ultime hommage
Bernard Thévenet a estimé que ce drame relève d'un «problème de société. Tout le monde doit être à bloc. Celui qui ne suit pas est condamné. Le véritable problème de Pantani est de n'avoir pas supporté de redevenir un simple mortel alors qu'il était auparavant considéré comme un dieu. On monte certains au pinacle, puis on les descend en flèche. Ensuite on les remplace. Nous vivons dans un monde où la star est reine alors que l'individu n'est rien».

Jean-François Lamour (ministre français des Sports), double médaillé olympique en escrime, qui a instauré la «notion d'accompagnement psychologique» dans le décret relatif à la loi sur le sport, a évoqué «l'isolement, la détresse psychologique et le vide qui attend un champion en fin de carrière», soulignant la nécessité de «sensibiliser le sportif pendant qu'il est en activité. Pantani a reçu des soins spécialisés mais c'était après coup. Il est préférable que cela se fasse pendant la carrière».

Jean-Marie Leblanc (directeur du Tour de France) s'est déclaré à la fois «surpris, parce qu'un champion est terrassé à 34 ans (...), et pas surpris, parce que nous savions tous qu'il n'avait pas bien négocié le passage entre le temps du succès, de la gloire et de l'argent, et le retour à la vie civile». «Je suis toujours perplexe de voir la somme de volonté, de caractère, de force, de détermination qu'il faut pour devenir un champion, et l'incapacité à faire preuve des mêmes aptitudes à l'heure de la retraite sportive.»

L'Union cycliste internationale, dans un communiqué officiel, affirme que «les graves difficultés personnelles et l'immense pression avec lesquelles Marco a dû se confronter dans la dernière phase de sa carrière ne peuvent pas effacer (...) l'image d'un champion parmi les plus aimés du cyclisme».

Laurent Jalabert a regretté que Pantani, qui «avait sans doute commis des erreurs», n'ait pas eu «l'occasion de se racheter».

Romani Cenni (patron de l'équipe Mercatone), a souligné que Pantani était «un grand champion, mais aussi une personne très difficile à gérer».

Alberto Tomba, star du ski italien en retraite, regrette que son compatriote se soit «retrouvé seul au moment où il avait le plus besoin de soutien».

Sandro Donati (médecin conseil du Coni), a pointé «des médecins qui doivent avoir un terrible remord. Il est difficile de commenter, car les années passées j'ai déjà dit ce qu'il fallait dire, et on m'a décrit comme un ennemi du sport».

Miguel Indurain a salué un «génie tragique». «Il existe probablement des coureurs qui ont un plus beau palmarès que lui, mais aucun n'a jamais réussi à attirer les spectateurs autant que lui», a rappelé l'Espagnol quintuple vainqueur du Tour de France.

Fernando Escartin, l'un des anciens rivaux de Pantani, et Vicente Belda, le directeur de Kelme, ont confié à la presse espagnole que le destin du champion italien leur rappelait celui du coureur espagnol José Maria «El Chava» Jimenez, dépressif et hospitalisé dans un hôpital psychiatrique, retrouvé mort dans sa chambre le 6 décembre dernier à l'âge de 32 ans. «Pantani et El Chava ont eu des vies parallèles. Quand quelqu'un entre en dépression ou dans la consommation de drogues... Que ceci serve à ce que cela ne se reproduise plus», a souhaité Vicente Belda.

Jan Ullrich, qui a précisé qu'il n'avait plus de contacts avec Pantani depuis trois ans, a formé le v½u «que les circonstances qui ont conduit à sa mort seront clarifiées rapidement et consciencieusement».

Vittorio Savini (président du club des supporteurs de Pantani) affirme que «quelqu'un l'a sur sa conscience. Lorsqu'il a été arrêté à Madonna di Campiglio, on aurait pu en faire autant avec cent soixante-dix autres coureurs, mais c'était lui la cible».
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# Posté le mercredi 02 mars 2005 09:02

Son testament

Son testament
Marco Pantani a laissé quelques écrits avant de mourir.
16 février 2004 – Le cycliste Marco Pantani a rédigé neuf pages d'écrits sur le bloc-notes de sa chambre d'hôtel avant de succomber à un arrêt cardiaque, samedi. «Ils ne voulaient punir que moi», serait l'une des dernières phrases écrites par Pantani avant sa mort, selon le quotidien La Repubblica.

Dans une allusion flagrante au dopage, Pantani se demandait, selon son ami cycliste Davide Cassani, pourquoi les autorités italiennes souhaitaient ne punir que lui pour des choses que tout le monde fait.

La fin de la carrière de Pantani a été entachée par des suspicions de dopage dont il est toutefois toujours sorti indemne, sauf au plan de la réputation. En 1999, il a été interdit de course au tour d'Italie alors qu'il le dominait en raison d'un hématocrite trop élevé. Puis, en 2001, il a été suspendu pour huit mois après qu'on ait retrouvé des seringues de produits «douteux» dans sa chambre lors du Giro.

Détresse psychologique


«Le Pirate» a également écrit le mot complot trois fois dans ses notes. Il aurait aussi écrit: «Personne n'a réussi à me comprendre, même pas ma famille. Je me suis retrouvé seul.»

Le cycliste, qui a sombré dans la dépression au cours des derniers mois, a aussi eu des problèmes de cocaïne. Il tentait justement de se défaire de cette dépendance et avait prévu d'entreprendre une cure de désintoxication à la fin du mois.

L'autopsie

Les premiers résultats de l'autopsie révèlent que Pantani souffrait d'un oedème cérébral et d'une congestion pulmonaire.

# Posté le mercredi 02 mars 2005 09:05