La dispute

La dispute
Marco Pantani et son père se disputaient au sujet de la gestion de l'argent gagné par le coureur et que ce dernier dépensait sans compter, affirme mardi la presse italienne.

«Les rapports, déjà difficiles, entre père et fils, se sont complètement rompus quand le père lui a enlevé l'argent. Il ne lui a laissé qu'une carte de crédit avec un compte limité», écrit La Stampa, le quotidien du groupe Fiat, citant «un dirigeant sportif».

Le Corriere della Sera écrit également, en première page, que Marco Pantani «se disputait avec son père qui gérait l'argent», à propos d'une éventuelle cure de désintoxication. Le Journal n'étaye toutefois pas davantage cette affirmation.

Il Resto del Carlino, un journal local de l'Emilie-Romagne, rapporte que Marco Pantani et sa famille avaient fait des investissements judicieux avec l'argent gagné par le champion, essentiellement dans l'immobilier. Selon le quotidien, la famille possédait, outre la villa luxueuse dans laquelle elle résidait à Cesenatico sur la côte Adriatique, un grand bâtiment qu'elle louait dans la même ville, deux terrains destinés à devenir des centres touristiques, plusieurs villas de location, deux kiosques et une maison en Toscane.

Il Resto del Carlino affirme seulement pour sa part que le père de Marco Pantani se contentait de «contrôler scrupuleusement les dépenses du fils qui a toujours aimé les voitures de luxe et les motos».


Une information contre X pour trafic de stupéfiant a été décidée dans le cadre de l'enquête sur le décès, samedi à Rimini, du champion cycliste italien Marco Pantani, a annoncé mardi l'agence Ansa citant des sources proches de l'enquête.

La procédure permet de considérer que le décès de Pantani est peut être lié à un délit et ainsi d'enquêter sur un trafic de cocaïne, précise l'Ansa.

Le champion, selon ses proches, consommait ce type de drogue, qui, mélangée à ses médicaments contre la dépression, pourrait avoir provoqué le double oedème cérébral et pulmonaire diagnostiqué lundi par le médecin légiste comme la cause de l'arrêt cardio-vasculaire auquel il a succombé.

Marco Pantani était dépressif depuis plusieurs mois à cause des soupçons de dopage pesant sur ses victoires après un contrôle lors du Tour d'Italie en 1999 au cours duquel les médecins avaient décelé un taux d'hématocrite supérieur à la limite tolérée.

Le champion, âge de 34 ans, a été trouvé mort dans un appartement d'une petite résidence-hôtel de Rimini, une station balnéaire où il s'était installé le 9 février et où il vivait en reclus.

Ses obsèques seront célébrées dans la plus stricte intimité mercredi à Cesenatico, petite localité voisine de Rimini où vivait la famille Pantani.
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# Posté le mercredi 02 mars 2005 09:07

L'italie se cullpabilise

L'italie se cullpabilise
Quarante-huit heures après son décès, Marco Pantani est au centre des débats et polémiques, entouré et défendu comme il ne le fut jamais de son vivant. La mielleuse rhétorique dont on enveloppe les défunts couplée à un facile moralisme de circonstance absout Pantani de tout péché : la justice inquisitrice, les médias sans scrupule, ses amis et sa famille sont déclarés « responsables ». Don Gelmini, un prêtre qui dirige une communauté qui aide les victimes de la drogue, a pourtant révélé que le 27 février, Marco devait partir à ses côtés en Bolivie pour se désintoxiquer.

L'émotion populaire déborde: poésies, lettres et fleurs sont déposées contre le mur de sa villa. Un village calabrais lui dédiera une place. La région du Lazio a décidé de rebaptiser le col du Terminillo « Cime Pantani ».

Le pays entier attendait un vague soulagement des résultats de l'autopsie effectuée par le professeur Fortuni. Ses premières conclusions ont déçu : Marco Pantani est mort d'un ½dème pulmonaire et cérébral, il faudra attendre les résultats de l'analyse toxicologique pour en savoir plus.

Les deux questions fondamentales sur lesquelles l'Italie butte obstinément restent donc sans réponse : pourquoi et comment ? La morbide curiosité de la presse italienne a malheureusement dérapé dans la désinformation : Même ma famille ne m'a pas compris. Kristine, la vie sans toi est d'une tristesse infinie. J'ai été la victime d'un complot.

Ces phrases publiées par plusieurs journaux ont fermement été démenties par les enquêteurs. Les neuf pages manuscrites qui traînaient sur une table de sa chambre ne contiennent pas ces propos. Et les traces de poudre blanche soi-disant retrouvées sur un meuble ? Ce sont les journalistes qui en parlent, pas nous, a sèchement répondu le magistrat Paolo Gengarelli.

Ses parents, rentrés d'un voyage en Grèce, se sont retranchés dans le mutisme. D'insistantes rumeurs évoquent les mauvaises relations familiales du clan Pantani. Lors de son dernier anniversaire, le repas s'était terminé en rixe.

On a appris que le patrimoine économique et immobilier de Pantani était géré par son père Ferdinando. Pantani disposait d'une carte bancaire qui lui permettait de prélever du liquide sur un compte pour faire face aux petites dépenses.

Avant que de rudes vérités n'émergent, l'Italie veut rendre un hommage au coureur qu'ils ont déjà élevé au rang de mythe national. Les obsèques devraient se tenir mercredi dans une petite église située le long du canal de Cesenatico. Je veux m'en aller comme je suis arrivé, sur la pointe des pieds, récite la chanson que Marcello Pieri avait composée pour lui. Il sera enterré dans le vacarme des polémiques.
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# Posté le mercredi 02 mars 2005 09:09

Marco Pantani a succombé

Marco Pantani a succombé
Le coureur cycliste italien Marco Pantani, mort à l'âge de 34 ans le 14 février dernier à Rimini (est), a succombé à une surdose de cocaïne, une drogue dont il était devenu dépendant.

"La mort de Marco Pantani a été provoquée par une intoxication aiguë de cocaïne", a-t-on appris vendredi dans le rapport d'autopsie établi par le médecin légiste, Giuseppe Fortuni, et adressé au procureur chargé de l'enquête, Paolo Gengarelli.

"Les preuves provenant de l'autopsie, des examens toxicologiques et histologiques indiquent qu'une intoxication aiguë de cocaïne a provoqué un oedème pulmonaire et cérébral qui sont la cause certaine du décès", poursuit le rapport.

"Il n'y a pas d'éléments concrets pouvant étayer l'hypothèse du suicide", ajoute le médecin légiste dans ce rapport préliminaire, qui sera détaillé ultérieurement.

Le professeur Fortuni, de l'université de Bologne, ne fait pas mention dans ses conclusions, comme une cause concomitante du décès, de médicaments antidépresseurs que Pantani prenait depuis longtemps sous contrôle médical.

La mort est survenue entre 10h00 GMT, quand une femme de ménage a rangé la chambre de Pantani, et 19H30 GMT, quand un réceptionniste a trouvé le corps, alors qu'il apportait des serviettes propres.

Depuis le décès du coureur, la police est sur les traces des personnes qui lui auraient vendu de la drogue et elle a toujours privilégié l'hypothèse d'un décès provoqué par la cocaïne.

"Un faux ami a vendu de la cocaïne à Pantani", avait titré le journal de Turin La Stampa, quelques jours après le décès du champion. "C'était un secret de Polichinelle que Marco était devenu toxicomane", ajoutait le quotidien.

Un prêtre ami de la famille Pantani, don Pierino Gelmini, avait révélé à la presse que l'ex-champion devait se rendre, à la fin février, dans un centre de désintoxication créé par le religieux en Colombie. Pour rester en contact avec sa passion, le vélo, il devait aussi initier des jeunes colombiens à ce sport.

L'ancien champion avait été retrouvé mort le 14 février dernier dans une résidence hôtelière de Rimini, station balnéaire de la côte adriatique, où il s'était isolé depuis plusieurs jours. Il a été enterré à Cesenatico (est), sa ville d'origine, le 19 février.

Avant son décès, celui qui avait été surnommé "Le Pirate" en raison de son look (crâne rasé, barbichette, bandana) avait dénoncé, sur des pages griffonnées dans sa chambre d'hôtel et son passeport, la justice, la presse et le milieu du cyclisme.

Ils les accusaient de l'avoir "humilié et persécuté". "J'ai été humilié pour rien. Pendant quatre ans, j'ai été dans tous les tribunaux. J'ai seulement perdu l'envie d'être comme les autres sportifs", écrivait-il en réclamant "des règles, oui, mais égales pour tous".

"Il n'existe pas de métier où il faille donner son sang pour l'exercer (...). Allez donc voir ce qu'est un cycliste et combien d'hommes sombrent dans une tristesse terrible en cherchant à rattraper leurs rêves d'hommes et qui se brisent dans la drogue", ajoutait-il.

La carrière de Pantani avait connu un coup d'arrêt brutal lors du Tour d'Italie 1999 quand des contrôleurs de l'Union cycliste internationale (UCI) avaient décelé un hématocrite trop élevé chez le champion. Le "Pirate" avait été mis hors course alors qu'il était sur le point de remporter le Giro pour la deuxième fois consécutive.

Depuis, le grimpeur, très aimé des tifosi pour son orgueil et sa rage de vaincre, était un homme brisé. L'été dernier, on avait appris qu'il avait été soigné dans une clinique de désintoxication et de maladies psychiatriques.

Marco Pantani avait remporté en 1998 le Tour de France et le Giro, une performance qui n'a pas été rééditée depuis.

# Posté le mercredi 02 mars 2005 09:10

La confession de l'ex-fiancée de Marco Pantani

La confession de l'ex-fiancée de Marco Pantani
Christina Jonsson, qui a partagé la vie de Marco Pantani pendant près de sept ans, parle aujourd'hui, pour la première et la dernière fois. Elle raconte pourquoi le champion italien, mort le 14 février d'une surdose de cocaïne, a sombré dans la drogue.

Propos recueillis par Michel Beuret

Elle a 28 ans, elle est danoise et habite Lausanne, en Suisse, où elle tente de refaire sa vie. Son rêve ? Devenir artiste peintre. Elle, c'est Christina Jonsson.

Elle a été pendant sept ans la fiancée d'un des plus grands champions cyclistes, l'Italien Marco Pantani, retrouvé mort à l'âge de 34 ans d'une surdose de cocaïne. C'était le 14 février dernier à Rimini, dans une chambre d'hôtel. Le Pirate avait griffonné un dernier mot à l'intention de Christina pour lui avouer à quel point elle lui avait manqué. Aujourd'hui, dans une interview exclusive que nous publions avec l'autorisation du magazine suisse « l'Hebdo », la fiancée du Pirate se confesse.

Juste avant de mourir, Marco Pantani a écrit un mot. Il vous était destiné...
Christina Jonsson. Oui, je sais. Mais ce message ne m'est pas parvenu. Notre relation amoureuse s'est terminée définitivement à l'été 2003.

Il était l'amour de votre vie ?
Oui. Il a été mon premier amour sérieux, c'était fusionnel. Je m'étais donné en plus la responsabilité de le sauver. J'ai toujours pensé que je retournerais vivre avec lui un jour. Qu'il réussirait à arrêter la drogue. Le jour même de sa mort, avant que j'apprenne la nouvelle, j'avais ressenti un très fort besoin de le revoir.

Etes-vous allée à ses obsèques ?
Non. J'aurais voulu voir Marco une dernière fois avant qu'on l'enterre. Je n'ai pas eu le courage. Il y avait aussi un enterrement réservé au cercle familial. Mais je n'ai pas reçu d'invitation...

Comment l'aviez-vous rencontré ?
C'était en 1996 dans une discothèque de Cesenatico (à 30 km de Ravenne). Je travaillais comme danseuse professionnelle. Un soir, Marco est venu. Il avait 26 ans, s'était cassé une jambe et marchait encore avec ses béquilles. Peu à peu, nous avons fait connaissance. On avait peur de vivre en couple, en adultes. Je l'ai finalement rejoint dans la villa qu'il s'est fait construire.

Qu'aimait-il faire en dehors du vélo ?
Il avait une vie sociale assez limitée. Il adorait les Ferrari, les Porsche, la vitesse, l'adrénaline et les choses simples. Il était très traditionnel. Il était doué en bricolage, il adorait chasser mais aussi pêcher à la ligne. Il connaissait les noms de tous les poissons. Il aimait chanter dans les karaokés et se passionnait pour la mécanique. Jusqu'en 1999, il démontait son vélo et le remontait tous les jours. Il pouvait réadapter sa selle pour 3 ou 4 mm. Sans parler de ses chaussures...

Vous décrivez une personnalité presque maniaque...
Je pense que cette discipline a toujours permis à Marco de lutter contre une forme de dépression. Son fabuleux succès vient de son besoin extraordinaire de lutter contre un sentiment d'infériorité et de se sentir aimé.

Dans le cyclisme, il jouait le provocateur, le Pirate...
Oui, c'est vrai, le monde du cyclisme est conservateur et, dans ce monde, Marco était un rebelle. Quand je l'ai connu, il avait sa boucle d'oreille et son foulard sur la tête. Il était déjà le Pirate. Puis il a ajouté un tatouage sous les yeux, un eye-liner , pour souligner le regard. Ça l'amusait. Il aimait défier. Il était toujours à la recherche de quelque chose, il n'était jamais satisfait.

D'un seul coup, sa vie, et la vôtre, bascule en 1999 à cause d'un contrôle antidopage sur le Tour d'Italie...
Il est rentré chez lui et a passé des jours à se désespérer et à pleurer. Il était complètement paralysé. Nous ne pouvions pas sortir. Dehors, au moins 150 à 200 journalistes encerclaient la maison.

Est-ce qu'il vous parlait pendant cette période ?
Presque plus. Marco s'est senti trahi et abandonné. Il estimait que son exclusion était préméditée. Qu'il s'agissait d'un complot. Il est resté reclus pendant quatre jours dans le noir, silencieux. Je n'arrivais pas à communiquer avec lui. Je ne peux pas vous dire à quel point ces moments ont été difficiles. Puis Marco a recommencé à sortir le soir. Après dix jours environ, il est venu me voir et il m'a dit : « Ecoute, j'ai commencé à prendre de la cocaïne. »

Comme ça ? D'un jour à l'autre ?
Oui.

Mais d'où venait cette drogue ?
Je ne sais pas. Mais ce n'est pas difficile à trouver, vous savez...

Pourquoi Marco a-t-il commencé à se droguer ?
Je crois que c'était la seule manière pour lui de supporter la pression, de survivre à la situation qu'il subissait. Un jour plus tôt, Marco était dans une forme physique éclatante, prêt à dépenser une énergie inimaginable et, en peu de temps, il se retrouvait coincé chez lui et tout son univers s'écroulait. Il dégageait une violence psychique incroyable et elle rejaillissait dans notre relation.

Comment avez-vous réagi ?
J'ai pleuré. Je n'arrivais pas à le croire. J'étais désespérée parce que j'ai peur des drogues. En Italie, consommer de la cocaïne est une mode. Quand Marco m'a annoncé qu'il en prenait, c'était aussi pour me laisser entendre qu'il voulait que j'en prenne avec lui. Si je l'aimais, je devais le faire, pour lui, en démonstration de mon amour. Il était seul et il était convaincu que, moi aussi, je le trahissais. Cette période a été un cauchemar.

Avez-vous accepté sa demande ?
Oui. La cocaïne donne l'illusion d'une facilité à communiquer. C'est faux, bien sûr. J'ai cru que cela me permettrait de renouer le lien avec Marco. J'avais envie de le retrouver là où il était et de le ramener. Et j'ai plongé avec lui. J'ai répondu à une sorte de chantage, un mode de fonctionnement que je connaissais bien chez mon père. J'ai grandi avec une maman alcoolique.

Votre sacrifice l'a-t-il aidé ?
Non, bien sûr. C'était une terrible erreur d'avoir cru ça. Après cette exclusion pour dopage, nous nous retrouvions enfin tous les deux. J'avais mon Marco, mais nous nous faisions du mal. Nous étions à la maison, drogués, cernés par les journalistes. Et Marco continuait à croire que je le trompais.

Il était très jaloux ?
Incroyablement jaloux, depuis toujours. Mais là, c'était pire que jamais. Il est devenu très paranoïaque aussi. Mais je pense que la vie d'un cycliste professionnel rend paranoïaque.

Comment ça ?
Depuis longtemps, il vivait dans la crainte de tous ces contrôles antidopage dans les hôtels d'étape où il dormait. Ces gens qui débarquent à l'improviste, même de nuit. C'est violent. J'ai assisté à l'une de ces descentes. J'ai vu ce que c'est. On traite les coureurs comme des criminels. Dans le cadre de son travail, Marco réussissait à gérer sa paranoïa, il la supportait. Mais la cocaïne, j'en suis sûre, amplifie les penchants. Cela lui a permis de fuir le monde, de vivre en dehors pendant quatre ans.

Mais vous, vous avez arrêté la drogue ?
J'ai arrêté après trois mois. Les choses étaient devenues insupportables. Le soir, quand je rentrais du travail, on prenait de la cocaïne ensemble. Marco en consommait des quantités industrielles. J'avais peur. Son corps le supportait. Il avait un physique exceptionnel. Et puis, très vite, ses parents ont compris qu'il se passait quelque chose. Ils n'arrivaient plus non plus à communiquer avec Marco et devaient passer par moi. D'un côté, ils avaient besoin de moi et, de l'autre, j'étais complice à leurs yeux.

D'où venait la drogue ?
A l'évidence, pour la famille, c'était la faute de « la Christina », cette danseuse, cette fille de discothèque.

Selon vous, il s'est dopé durant sa carrière ?
Je pense, oui. Vous connaissez un sportif de compétition qui ne se dope pas ? Et ça veut dire quoi ? Prendre des produits qui sont sur la liste ? Se doper, c'est chercher à améliorer ses performances pour donner un spectacle, faire rêver. Comme les autres, je crois que Marco se dopait. Mais, finalement, ça ne regarde personne.

Est-ce qu'on l'a obligé à se doper ?
Je n'en sais rien. En vivant avec lui, j'ai toujours eu l'impression que Marco prenait ses médicaments seul et en mesurant bien les risques. C'était son choix et j'ai même l'impression qu'il payait ses produits de sa poche. Il se confiait sur ce thème à très peu de gens, même pas à moi. Je sentais qu'il n'avait pas confiance non plus dans les médecins de l'équipe. Un jour, il m'a juste lâché qu'il fallait prendre des cochonneries pour être dans le coup. Il était en colère, ce jour-là, contre le système et inquiet pour sa santé, je crois. Il avait des produits depuis toujours dans un Tupperware au réfrigérateur, mais je n'ai jamais été intéressée de savoir ce que c'était. C'était la vie de Marco. Il ne voulait pas en parler et je respectais cela. Il se faisait parfois des piqûres et je l'aidais en lui tenant le bras. C'est tout.

Mais il prenait des risques...
Marco devait accepter de courir dans le cadre d'un système qui ne permet pas de ne pas se doper. Un ou deux mois, je crois, avant d'être contrôlé au Giro, je me souviens qu'il m'a dit : « J'en ai assez de tout ça, j'en peux plus ! » Il voulait tout révéler, percer l'abcès. Et puis, la réalité a pris le dessus. Je lui ai dit : « Tu arrêtes et tu fais quoi ? » Et il m'a répondu, en boutade : « Eh bien, je ferai médecin. Je suis mieux préparé qu'un médecin normal. »

Marco disait qu'il avait « servi de bouc émissaire »...
Exactement. Et ce qui a été le plus dur pour lui, c'est l'impression que ce sont ceux qui avaient joué le jeu avec lui qui l'ont poignardé. La campagne antidopage devait faire un exemple. Même les juges voulaient montrer à tous qu'ils avaient bien travaillé. Et puis, Marco me disait souvent qu'en Italie on concentre les affaires de dopage sur le cyclisme pour détourner l'attention du Calcio. Parce que le football est un enjeu beaucoup plus important.

Après 1999, est-ce qu'il vous a redonné l'espoir ?
Oui, plusieurs fois. Il est arrivé que Marco dise : « Je repars. » Il pensait que la bicyclette lui redonnerait la force d'abandonner la cocaïne. Alors, il est remonté en selle. Il faisait quelques courses et puis il replongeait. De retour chez lui, les dealers le contactaient et ça repartait. Ils allaient jusqu'à sonner à sa porte. Ma vie avec Marco était faite d'un mouvement perpétuel d'espoirs et de désespoirs, de rapprochements et de ruptures. A l'été 2003, je suis partie définitivement. Pour préserver ma santé physique et mentale. J'ai pensé à moi.

Quand avez-vous parlé avec Marco pour la dernière fois ?
C'était pour mon anniversaire, en décembre. Il m'a appelé pour me faire ses voeux. J'ai un souvenir merveilleux de notre conversation. Au téléphone, il me disait qu'il espérait que j'étais heureuse.

# Posté le mercredi 02 mars 2005 09:11

Une étape pour Marco

Une étape pour Marco
Le contre-la-montre de l'Alpe d'Huez, une des étapes déterminantes du prochain Tour de France, sera dédié à l'Italien Marco Pantani décédé le 14 février à la suite d'un oedème cérébral et d'une congestion pulmonaire.

Gagnant du Tour de France en 1998, Pantani, dit «le Pirate», détient toujours le record de l'ascension la plus rapide de la mythique étape des Alpes.

# Posté le mercredi 02 mars 2005 09:13